Hamlet la fin d’une enfance d’apres Shakespeare – Avignon 2014

Beaucoup de puristes sont assez réfractaires dès qu’il s’agit de raconter l’histoire d’une pièce plutôt que de la jouer dans son entier. Il crient au scandale, au crime de lèse -majesté. Hamlet, la fin d’une enfance, n’aurait pas a mon sens, heurté ni Shakespeare ni ses défenseurs.

Ned Grujic nous amène dans sa fable et ose le parallèle entre le drame d’Hamlet qui refuse que son oncle devienne son beau-père et la difficulté à recomposer une famille après un divorce. Thomas Marceul campe un Hmlet de dix ou quinze ans saisissant de doutes, de rancoeurs contre sa mère qui a remplacé son père un peu trop vite à son goût.  Le jeune Hamlet se clôt lui-même dans sa chambre pour revivre l’oeuvre shakespearienne et s’allie avec tous les jouets de son enfance pour aller au bout de l’histoire. La peluche et les GI Jo, les oreillers et les doudous d’Hamlet sont autant de comédiens inertes qui renaissent sous nos yeux. De la salle, c’est sûr, ce sont eux qui nous parlent.

Ned Grujic aborde aussi là le difficile passage de l’adolescence vers l’âge des adultes. Vu de sa fenêtre finalement, on se demande où est l’âge bête. Celui où l’on rêve encore ou celui où l’on ne peut plus rêver?

Grande rencontre entre un metteur en scène débordant d’idées et un comédien débordant de talent, de justesse et de précision. Les parents que nous sommes auraient aimé avoir ce talent de raconteur pour endormir nos enfants avec ce Hamlet-là.

 

John Bodin