Un Obus dans le coeur de Wajdi Mouawad – Avignon 2014

Deux ans de suite, deux ans de suite. Impossible pour nous de venir à Avignon cette année sans retourner voir  » un obus dans le cœur », un obus qui nous était arrivé directement dans notre cœur l’année dernière. Le genre de truc que tu prends en pleine poire et qu’un an après, tu ne t’en es toujours pas remis. Le genre de truc où tu prends une grosse claque et que tu viens en chercher une deuxième. Cet obus dans le cœur nous est venu en pleine figure.

Julien Bleitrach ne joue pas Wahad, il le vit. C’est lui qui déambule de sa fugue à ce trottoir, à cet hôpital. On ressent la tristesse de cet enfant qui va à la rencontre de la mort de sa mère. Il nous prend à la gorge dès qu’il entre avec sa lampe et que sa voix résonne. On marche sur un trottoir au Liban, on se cache quand les attentats arrivent.

La mise en scène épurée laisse le jeu du comédien nous transporter. Les peintures bleues sur le visage du comédien sont des traces de sang d’un peuple en état de guerre, des traces de sang sur les genoux d’un enfant turbulent.

Venir à Avignon est un voyage. Un obus dans le cœur nous fait aller encore plus loin.

John Bodin