Don Juan revient de guerre d’Odon Von Horvath – Avignon 2015

donJuan revient de guerre« Don Juan revient de guerre  » est un très beau spectacle joué au Théâtre des Halles. Un Don Juan en pleine rédemption, sobre et ténébreux, essaie de retrouver une de ses conquêtes éconduites car la vie des tranchées a changé sa vision du monde. Son voyage pour retrouver la seule qu’il aura réussi à aimer est plein d’obstacles, de revers, d’espoirs décus semblables à ceux qu’il aura laissés dans le coeur de celles qui lui auront succombé. Il arpente l’après-guerre de douleur en douleur, il s’enfonce dans son chaos.

La scénographie est splendide, la mise en scène chorégraphiée est parfaitement servie par les deux comédiennes danseuses et le comédien très juste dans sa fragilité. De lumières en ombres chinoises bien imaginées, l’esthétique est soignée dans une mise en scène toujours à vue qui donne aux personnages encore plus de profondeur.

C’est un très beau spectacle où nous aurions cependant aimé trouver un peu plus d’émotion dans la douleur de Don Juan pour partager avec lui le revers de sa médaille.

John Bodin

Don Juan revient de guerreUne très belle scénographie de Guy Pierre Couleau. Des comédiens impressionnants au service d’un très beau texte et d’une très belle histoire. Que demander de plus !

J’ai adoré que tout se passe à vue. Carolina Pecheny et Jessica Vedel passent d’un registre à un autre, d’une femme à une autre en un éclair et nous emporte.
Nils Olhund quant à lui est un très beau Don Juan, tout à la fois émouvant et manipulateur. Il est à la fois le seducteur invétéré sans coeur et l’amoureux romantique qui idéalise sa fiancée. A la fois l’anarchiste et le capitaliste.

Les grands drapés au fond de la scène marquent l’avancée des actes. Ici tout est symbolisé, sobrement et efficacement. Pas besoin de grands effets pour quelepublic suive. J’aime que Guy Pierre Couleau prenne les spectateurs pour ce qu’ils sont : des personnes capables de comprendre beaucoup avec peu. Le premier acte met un peu de temps à s’installer, le deuxième m’embarque et le troisième finit de me happer avec ses tableaux d’une grande beauté.

J’ai cependant vécu un moment un peu particulier devant ce Don Juan. Tantôt happée par certaines scènes, touchée, tantôt extérieur à ce beau ballet, comme on peut l’être devant un très bel objet qui laisse un peu froid. Est-ce le propre de Don Juan ? D’embraser tout en laissant de glace ? Est-ce du à un coté très « haché », presque « sketch » de certains enchaînements de scènes ?

Je reste avec ce souvenir de cette très belle dernière scène, et de certains tableaux (les deux artistes, les patineuses, l’opéra, la grand-mère en ombre chinoise…) qui m’ont emportée.

Une belle découverte.

Delphine Batton

Autres regards :

http://www.iogazette.fr/regards/2015/resterai-suis-don-juan-de-debacle/

http://www.iogazette.fr/regards/2015/horvath-chapiteau-sobre-enleve/