Ivanov d’Anton Tchekov – théâtre de l’Odéon

Ivanov au théâtre de l'Odéon« Un classique, c’est quelqu’un qui se tient toujours au bord de l’avenir. Tchekhov, avant de mourir, a réclamé une coupe de champagne. Monter Tchekhov aujourd’hui, c’est boire à sa santé. » écrit Luc Blondy dans sa note d’intention.

J’ai vu Ivanov samedi soir. Un très beau moment de théâtre et une belle coupe de champagne à la santé de Tchekov en effet. Luc BLondy a choisi de mettre en scène la première version de la pièce (que Tchekov avait remaniée pour l’adaptée aux attentes du public), dans la traduction très belle d’Antoine Vitez.

Micha Lescot est absolument magnifique dans cette espèce de dépression désabusée, de vide de rien, sans jamais tomber dans le pathos et la lourdeur. Sa longue silhouette et ses mains volubiles se trainent dans ce grand espace, au milieu de tous ces gens qui eux, vivent, ou meurent, mais de façon bien plus vivante que lui. A ce titre, Marina Hands nous offre une belle Anna Petrovna, fragile et intense.

Lvov, joué par Yannik Landrein apporte un très beau face à face à Ivanov, plein de reproche face à l’indifférence à tout, même à la mort de sa femme, de ce dernier.

Toute la distribution est formidable, notamment les « mini » rôles comme Zinaïda, le comte, Advotia…

On a de très très beaux tableaux d’ensemble, somptueusement chorégraphiés. Notamment des scènes de beuveries d’anthologie et un mariage décadent et triste.

Les musiciens (accordéoniste et violoniste) sur scène leur apportent beaucoup.

Bref, c’est un très beau moment, on s’énerve (une envie folle de secouer Ivanov comme le fait Lvov), on rit, on est ému…