Sacco et Vanzetti d’Alain Guyard – Avignon 2015

Sacco et Vanzetti« La liberté n’est pas la récompense de la révolte.
La liberté, c’est la révolte. »

Nicola et Bartolomeo.
Deux anarchistes.
Deux frères.
Deux hommes.

Deux comédiens sur scène.
Jacques Dau et Jean Marc Catella interprètent tour à tour Nicolà Sacco et Bartolomeo Vanzetti, mais aussi les témoins à charge, le juge, les détectives, le gouverneur, tous ces autres être humains qui ont tous à plus ou moins grande échelle concourru à leur condamnation.
Jean Marc Catella prête toute son humanité à Nicolà Sacco, l’amoureux de la vie, qui jusqu’au bout liera son militantisme et son envie de vivre simplement une vie d’homme.
Jacques Dau quant à lui brille de toute sa verve pour le révolutionnaire Bartolomeo, harangueur et avocat de la cause des ouvriers.

Alain Guyard mêle très intelligemment le burlesque et le politique, l’émouvant et le sordide et la mise en scène de François Bourcier à la fois sobre et d’une grande justesse le sert parfaitement.
Quelle belle et heureuse idée d’avoir choisi la voix du presque clown pour nous transmettre cette histoire si tragique.
Sans en avoir l’air, les deux comédiens nous emmènent tout doucement vers la fin, inéluctable, que nous rappelle régulièrement ce bruit de courant électrique et ces ampoules vacillantes.

O partigiano portami via
Ché mi sento di morir
E se io muoio da partigiano
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao

Le public ne s’y trompe pas, il chante avec Nicolà et Bart, et il répond à l’appel de Bartolomeo « relève-toi, Nicolà, relève-toi ». Il se relève, debout, et nous aussi.