Une heure avant la mort de mon frère de Daniel Keene – Avignon 2015

Une heure avant la mort de mon frèreMartin n’a plus qu’une heure à vivre. Une heure avant sa pendaison. Avant son exécution, il a le droit de demander une visite. D’une heure. Il réclame Sally, sa soeur. Dans l’espoir qu’elle viendra, et aussi dans l’espoir qu’elle amènera avec elle leur père. Père que le frère et la soeur incarnent à tour de rôle, quand ils convoquent leur enfance dans le parloir où ils se rencontrent.

L’écriture de Daniel Keene est ambigüe, elle laisse place au doute, à l’interprétation. Il nous livre l’histoire de ce frère et de cette soeur au compte goutte. Et nous laisse remplir seuls les zones d’ombre.

La mise en scène d’Antoine Marneur est juste, belle, sobre et précise. C’est un véritable ballet qui se déroule sous nos yeux. Pas seulement lors du moment purement chorégraphié par Cécile Loyer (magnifique temps suspendu durant lequel les deux comédiens deviennent danseurs, tout en restant dans leurs rôles).

Francis Ressort est éblouissant. Tout son corps vibre, s’exprime. La rage, la peur (ce froid qui l’étreint tout le temps), l’amour, la tendresse, l’angoisse de la mort… tout, il y a tout, et ces émotions, il nous les envoie droit au coeur. Sophie Neveu quand a elle campe face à lui une fort jolie Sally.

J’ai (enfin) reçu un grand coup au coeur dans ce off 2015. Merci.